Polarsun est le groupe de KorAmA, fidèle de la Tubular mailing list, guitariste et designer à ses heures.

C' est une formation musicale dans la mouvance pop dérivée des groupes anglo-saxons comme les Radiohead, qui prend la forme d' un quintette : Clavier, basse, batterie, guitare rythmique et lead guitare. Deux filles pour trois garçons, voila qui promet une fin de vie laborieuse et des histoires à n' en plus finir... Mais pour le moment, l' alchimie semble fonctionner et l'on note, d' une composition à l' autre, un bel équilibre dans le jeu des instrumentistes.

Les influences musicales sont multiples, mais ce qui vient immédiatement à l' esprit, c' est la "british pop touch". Allez savoir ce qui distingue Polarsun de groupes comme Travis ou Keane ?... Tous les ingrédients sont là : Mélodies sucrées à souhait, guitares limpides, fluides, toujours maîtrisées, voix adolescente, acrobatique, piano songeur et léger, nappes synthétiques aériennes, rythmique efficace et précise... Polarsun est un ensemble cohérent dont la musique est troublante par sa fausse simplicité et ses mélodies insidieuses.

Ils nous offrent à découvrir quatre titres, dont on imagine qu 'ils sont représentatifs de leur répertoire.

Le premier : Coffee Cup, est un morceau rock bien balancé qui doit prendre toute sa dimension en concert.

 
La batterie, particulièrement bien intégrée et juste, soutient efficacement les guitares qui se répondent sur un riff plutôt conventionnel, appuyé. La voix du chanteur est très pop, adolescente, ce qui ne manque pas de charme, d' autant qu 'elle bénéficie d' un contrepoint choral intéressant, à défaut d' être original. Le solo est, curieusement, donné par un clavier peu inspiré, trop pur dans sa ligne mélodique pour émouvoir. Heureusement, le jeu de basse est d' une consistance surprenante, alliant profondeur et vivacité. C' est d' ailleurs un vrai plaisir que de le suivre, tant il est vivant et habité. Un véritable mur de guitares achève d' emporter l' adhésion de l' auditeur, alors que se termine déjà la chanson. Frustrant. J' imagine qu'en concert, Coffee Cup permet au groupe des développements enthousiasmants.
 


Le second : Poppy People, est agréablement typé Beatles, alors que la simplicité stylistique du synthétiseur rappelle l' orgue des Animals, ce qui est un bon début. Un sympathique morceau de travail pour roder le groupe. Le jeu de batterie, parfaitement associé à la basse et à la guitare rythmique, est encore une fois très juste, métronomique, ce qui permet au lead guitariste de développer un jeu subtil et varié. La guitare est d' ailleurs ici véritablement excellente et inspirée, elle s' exprime en contrepoint de la mélodie vocale, avec une enviable liberté. La voix est également agréable, assez justement timbrée, avec une légère fêlure qui fera chavirer le coeur des demoiselles.

The World Begins To The End est le titre le plus long et le plus ambitieux de cet échantillon. La voix du chanteur montre ici des limites dans le registre médium grave qui sont peut-être liées à la jeunesse, alors qu' il est particulièrement à l' aise dans les passages sopranos. Rythmique et synthés semblent progresser à la manière répétitive et ample d' une nanostructure quantique, qui serait hantée par une guitare Floydienne. L' architecture musicale repose sur de solides bases, qui rappellent une fois encore les Beatles, mais qui s' enrichit de trop nombreuses références contemporaines, pour que l' on s' aventure à les citer toutes. Ce morceau me fait irrésistiblement penser aux compositions du groupe anglais Goldfrapp, qui allient subtilité, ampleur, et son résolument contemporain. Quant au texte, désenchanté, décalé, il porte en lui une certaine fraîcheur naïve, contemplative, qui fait directement appel aux émotions.

 

Avec une rythmique plus audacieuse, ce morceau aurait presque pu prétendre à l' étiquette "prog". Une ambition qu' il ne fait qu' effleurer, mais qui donne à sa pop aérienne une sombre profondeur et une richesse intéressante.

Et pour conclure, Polarsun nous offre Virtual Reality, un titre que pourrait sans peine revendiquer un groupe comme Eels. Mélodie insidieuse, presque une contine perverse comme les affectionnent tant le groupe américain, entre suce-pouce et touche-pipi. Réalisation et interprétation impeccable.

On l' écoute deux-trois fois et la ritournelle s' incruste à ne plus pouvoir s' en défaire.

 

Polarsun, c' est de la pop jolie et bien faite, parfois inspirée, que rien ne distingue de ces milliers d' autres clones de Coldplay et consorts. Alors, Polarsun, le meilleur groupe du monde ? Potentiellement possible, car il y a de vraies grandes qualités dans cette association de talents, qui produit une musique vivante et habitée. Plus "Archive" que "I Am Kloot" ? C' est tout le mal qu' on leur souhaite, et il y a bien pire comme références.

Pour le moment, Polarsun semble tracer son propre chemin, dessinant petit à petit les contours d'une personnalité que nous espérons unique et originale.

Cliquez donc sur la bannière ou les photos pour aller les rencontrer...


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